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Comment choisir entre deux métiers

En 2006, Sheena Iyengar, Rachel Wells et Barry Schwartz ont publié dans Psychological Science un résultat qui a surpris beaucoup de monde : les diplômés qui cherchaient l'offre parfaite — en comparant toutes les options jusqu'au bout — ont obtenu des salaires de départ 20 % plus élevés que leurs camarades moins exhaustifs. Et se sont sentis nettement moins satisfaits de leur choix. Le problème n'est pas dans les options. Il est dans la stratégie.

En bref

Deux bonnes options, ce n'est pas un manque d'informations — c'est une question mal posée. Première étape : comparez la congruence RIASEC. Chaque métier a un code d'intérêts ; vous aussi. Deuxième étape, si c'est à égalité : classez vos valeurs et voyez laquelle des deux options sacrifie les moins importantes. La réponse arrive avant la prochaine liste.

7 min de lectureChoix de métier7 août 2026

Deux options, toutes les deux sérieuses. Vous tournez en rond depuis plusieurs jours — vous notez les avantages, vous barrez les inconvénients, vous relisez. Rien ne se règle. Le conseil habituel — « pesez le pour et le contre » — part du principe qu'il vous manque des informations. Ce n'est pas le cas. Ce qui manque, c'est la réponse à une question antérieure : que comparez-vous exactement, et dans quel ordre cela compte-t-il ?

Pourquoi le tableau pour/contre ne fonctionne pas quand les deux options sont bonnes

Un tableau comparatif fonctionne quand les options diffèrent clairement sur la plupart des critères : le gagnant émerge de lui-même. Quand les deux sont vraiment bonnes, vous comparez des lignes de poids similaire, et le résultat dépend davantage de votre humeur au moment où vous vous êtes assis que de la logique. Itamar Gati et ses collègues, dans le Journal of Counseling Psychology (1996), ont classé les difficultés dans la prise de décision vocationnelle en une taxonomie détaillée et ont identifié une catégorie spécifique : « informations incohérentes » — quand la personne en sait assez mais que les données ne pointent nulle part, parce que les valeurs n'ont pas encore été ordonnées. Plus de données n'aident pas à ce stade.

Le piège du maximiseur : plus on compare, moins on est satisfait

Iyengar, Wells et Schwartz ont suivi 137 étudiants en dernière année d'université tout au long de leur recherche d'emploi. Les étudiants avaient été classés au préalable selon leur stratégie : les maximiseurs cherchaient la meilleure offre possible ; les satisfaisants visaient quelque chose d'assez bon. Un an plus tard, les maximiseurs avaient décroché des salaires de départ en moyenne 20 % plus élevés. Ils ont aussi rapporté une satisfaction au travail nettement plus faible, davantage d'émotions négatives durant la recherche et plus de regrets après la décision.

Un meilleur résultat objectif — et une expérience subjective de ce résultat bien plus médiocre. Ce n'est pas une coïncidence : les comportements mêmes qui rendent le maximiseur efficace pour trouver de bonnes offres sont exactement ceux qui sapent sa satisfaction à leur égard.

Barry Schwartz a expliqué le mécanisme dans The Paradox of Choice (2004) : plus on compare d'options, plus les attentes vis-à-vis du résultat sont élevées — et tout écart entre l'idéal et le réel se ressent comme un échec. Quand vous choisissez entre deux métiers qui fonctionnent, la solution n'est pas davantage de comparaison. C'est un meilleur outil.

Première étape : où votre profil RIASEC correspond-il mieux ?

Le modèle de John Holland, publié pour la première fois dans le Journal of Counseling Psychology en 1959, décrit à la fois les personnes et les métiers à l'aide du même ensemble de six types d'intérêts — Realiste, Investigateur, Artistique, Social, Entrepreneur, Conventionnel. Chaque métier reçoit un code à trois lettres : un psychologue clinicien obtient SIA (Social–Investigateur–Artistique) ; un analyste financier obtient CIE (Conventionnel–Investigateur–Entrepreneur). Votre profil d'intérêts, mesuré par un questionnaire validé, produit le même type de code.

Comparez les codes des deux métiers avec votre profil et voyez où les deux premières lettres correspondent le mieux. Ce n'est pas une intuition — c'est une comparaison structurelle. Deux métiers peuvent tous les deux sembler « analytiques et centrés sur les gens », mais l'un requiert un environnement C (ordre, procédures, précision) et l'autre un environnement S (comprendre, accompagner, guider). Se tromper là-dessus, c'est passer un an dans l'habitat naturel de quelqu'un d'autre et se reprocher de ne pas avoir assez essayé.

Deuxième étape : les valeurs comme départage

Si la congruence RIASEC est à peu près équivalente pour les deux options, les valeurs entrent en jeu. Mais pas sous la forme « est-ce que l'autonomie compte pour vous ? » — presque tout le monde répondrait oui. La vraie question est un choix forcé : qu'êtes-vous prêt à céder en échange de quoi ? Stabilité contre moins de liberté ? Progression rapide contre deux ans d'incertitude ? Travail en équipe contre le fait que le résultat ne soit jamais entièrement le vôtre ?

Notez cinq valeurs professionnelles et classez-les. Puis demandez-vous : quelle option sacrifie les moins importantes ? C'est celle qui convient mieux — non pas parce qu'elle est objectivement supérieure, mais parce qu'elle correspond davantage à qui vous êtes.

Que faire maintenant

  1. Arrêtez d'ajouter des lignes au tableau. Vous avez assez de données — ce qu'il vous faut, c'est de la structure, pas du volume.
  2. Faites le test d'orientation gratuit — 15 minutes, sans inscription. Obtenez votre profil RIASEC et voyez lequel des deux métiers correspond le mieux.
  3. Notez cinq valeurs professionnelles et classez-les. Quelle option sacrifie les moins importantes ?
  4. S'il n'y a toujours pas de réponse claire, posez-vous une question : dans dix ans, quel chemin non pris me rappellera avec plus de regret ?

Questions fréquentes

Que faire si je n'arrive toujours pas à choisir entre deux métiers ?

Vous n'avez probablement pas encore répondu à la question préalable — non pas laquelle est la meilleure, mais ce qui compte vraiment pour vous. Faites le test d'orientation : le profil RIASEC vous permet de comparer les deux options de façon structurée, et non seulement à l'instinct.

Est-il normal que les deux options semblent bonnes ?

Oui — cela signifie que vous avez déjà éliminé les mauvaises pistes. Iyengar, Wells et Schwartz (Psychological Science, 2006) ont montré que comparer indéfiniment deux bonnes options réduit la satisfaction face au choix final. La structure — RIASEC et valeurs — ne sert pas à trouver la réponse parfaite, mais à sortir de la boucle.

Que faire si après RIASEC et les valeurs, je n'ai toujours pas de réponse ?

Posez-vous une question : dans dix ans, quel chemin non pris me rappellera avec plus de regret ? La recherche sur le regret montre systématiquement que les gens regrettent davantage ce qu'ils n'ont pas fait que ce qu'ils ont fait — et votre intuition connaît souvent déjà la réponse.

Sources

  1. Iyengar, S. S., Wells, R. E., & Schwartz, B. (2006). Doing better but feeling worse: Looking for the "best" job undermines satisfaction. Psychological Science, 17(2), 143–150. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/16466422
  2. Schwartz, B. (2004). The Paradox of Choice: Why More Is Less. Ecco/HarperCollins.
  3. Gati, I., Krausz, M., & Osipow, S. H. (1996). A taxonomy of difficulties in career decision making. Journal of Counseling Psychology, 43(4), 510–526.
  4. Holland, J. L. (1959). A Theory of Vocational Choice. Journal of Counseling Psychology, 6(1), 35–45.

Cet article est à visée éducative et ne constitue pas un conseil professionnel en orientation. Les résultats du test sont basés sur le modèle RIASEC et ne constituent ni un diagnostic ni une garantie.

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