← Tous les articles Orientation

Métiers d'avenir : ce qui ne sera pas obsolète dans 10 ans

En janvier 2025, le Forum économique mondial a publié son rapport sur l'Avenir des Emplois : 170 millions de nouveaux postes seront créés d'ici 2030 et 92 millions disparaîtront — simultanément. La question n'est pas « mon métier survivra-t-il ? ». C'est : quelles tâches en son sein resteront humaines ?

En bref

Selon l'OCDE (2023), environ 27 % des emplois dans les pays membres présentent un risque élevé d'automatisation. Les premières à partir sont les tâches routinières et codifiables — saisie de données, gestion administrative standard, calculs simples. Sont plus résistants les métiers où dominent l'adaptation à des situations imprévisibles, la gestion directe des personnes et le travail physique dans des environnements changeants.

7 min de lectureOrientation11 août 2026

Pendant vingt ans la réponse commode a été : choisis quelque chose lié à l'informatique ou quelque chose de créatif, et tu t'en sortiras. Cette réponse a vieilli. Le rapport du FEM 2025 place les graphistes parmi les métiers qui déclinent le plus vite — aux côtés des caissiers, des agents bancaires et des opérateurs de saisie. L'IA générative reproduit les tâches visuelles standard à faible coût et rapidement. L'étiquette « créatif » ne protège plus par elle-même.

D'où vient le chiffre de 47 % — et pourquoi il est dépassé

En 2013, les économistes d'Oxford Carl Benedikt Frey et Michael Osborne ont analysé 702 métiers issus de la base de données du département du Travail américain pour estimer la probabilité de leur informatisation. Leur conclusion était tranchante : environ 47 % de l'emploi américain est en zone de risque élevé. Le chiffre a fait le tour du monde.

Le problème est que l'étude évaluait les métiers dans leur globalité, et non les tâches discrètes qui les composent. L'OCDE a adopté une approche différente en 2023 : quelle proportion des opérations réelles d'un poste est automatisable ? Résultat : environ 27 % des emplois dans les pays de l'OCDE font face à un risque genuinement élevé. La différence compte — un comptable qui négocie avec des clients en plus de faire ses calculs est dans une position très différente de celui qui ne fait que des calculs.

Ce qui décroît et ce qui croît — le bilan du FEM 2025

Les métiers qui déclinent le plus vite selon le FEM : agents postaux, guichetiers bancaires, caissiers, opérateurs de saisie de données. Ce qu'ils ont en commun : des tâches aux entrées et sorties prévisibles — un algorithme les gère moins cher qu'une personne.

La direction qui croît le plus vite en chiffres absolus est inattendue : les travailleurs agricoles et de l'économie verte, avec 34 millions de nouveaux postes projetés d'ici 2030, portés principalement par la transition écologique. Croissent aussi : spécialistes du big data, ingénieurs en IA, développeurs de logiciels, soignants et travailleurs sociaux.

Les graphistes, eux, sont dans la colonne décroissante. Voilà l'écart dans la carte conventionnelle.

David Autor l'a montré dans le Journal of Economic Perspectives (2015) : l'automatisation ne déplace pas seulement des travailleurs — elle polarise le marché du travail. La couche intermédiaire — administratifs, opérateurs, techniciens routiniers — se contracte en premier.

Les tâches que les machines gèrent encore mal

Le cadre d'Autor divise le travail en tâches routinières — celles qui suivent un algorithme clair et s'automatisent — et non routinières, de deux types.

Non routinières cognitives : jugement face à des situations uniques, analyse avec des informations incomplètes, résolution de problèmes sans précédent. Pensez au consultant stratégique, au chirurgien face à un cas atypique, à l'enseignant avec une classe difficile.

Non routinières manuelles : travail physique dans des environnements imprévisibles et changeants — le plombier, l'électricien, l'infirmière au chevet du patient. L'OCDE (2023) insiste : les compétences sociales et interpersonnelles — empathie, gestion de la confiance, communication dans des contextes non standards — restent le principal obstacle à l'automatisation. Un algorithme ne peut pas convaincre un patient apeuré de prendre une décision, ni détecter en temps réel le moment où une conversation a mal tourné.

Comment utiliser cela pour choisir une orientation

La conclusion pratique : au moment de choisir un métier, il faut regarder quelles tâches y dominent, pas seulement comment il s'appelle. « Juriste » est trop large — les contrats types se génèrent déjà automatiquement, négocier avec une partie adverse difficile, non. « Développeur » l'est aussi : le code répétitif, c'est l'IA ; les décisions d'architecture dans un projet inédit, c'est encore l'humain.

Un bon premier pas est de comprendre quel type de travail t'attire et où tu es le plus fort : comprendre comment les choses fonctionnent, travailler directement avec des personnes, trouver des solutions là où il n'y a pas de mode d'emploi. C'est ce qu'explore l'orientation professionnelle — avant de choisir une filière ou une formation précise.

Que faire maintenant

  1. Regarde un métier de l'intérieur : que fait concrètement quelqu'un dans ce poste chaque jour ? Quelle part de ces tâches est routinière ?
  2. Cherche les points où le jugement, l'adaptation ou l'interaction directe avec des personnes sont nécessaires — c'est la partie durable de tout métier.
  3. Fais le test d'orientation gratuit : il te montrera vers quels types de tâches tu es le plus attiré et où aller à partir de là.
  4. Ne choisis pas un métier à partir de son nom. Choisis-le à partir des tâches qu'il contient.

Questions fréquentes

Quels métiers ne disparaîtront pas dans les 10 prochaines années ?

D'après le rapport du FEM sur l'Avenir des Emplois (2025), les profils les plus résistants sont ceux du secteur de la santé et du social (infirmiers, psychologues, travailleurs sociaux), les spécialistes en IA et big data, et les métiers de la transition écologique. Ce qu'ils ont en commun : des tâches qui exigent de s'adapter à des situations imprévisibles et d'interagir directement avec des personnes.

Les métiers créatifs sont-ils protégés de l'automatisation ?

Pas systématiquement. Le rapport du FEM 2025 place les graphistes parmi les métiers qui déclinent le plus vite — aux côtés des caissiers et des opérateurs de saisie. L'IA générative reproduit les tâches visuelles standard à bas coût. Ce qui résiste, ce n'est pas « la créativité en général », mais le jugement original face à des situations genuinement nouvelles.

Comment intégrer l'automatisation dans le choix d'un métier ?

L'économiste David Autor (Journal of Economic Perspectives, 2015) a montré que l'automatisation cible avant tout les tâches routinières et codifiables. Le travail non routinier — tâches physiques dans des environnements changeants et jugement cognitif dans des situations uniques — est plus durable. Au moment de choisir une voie, mieux vaut regarder quelles tâches dominent un poste, pas seulement son intitulé.

Sources

  1. World Economic Forum (2025). Future of Jobs Report 2025. Davos : FEM. weforum.org
  2. Frey, C. B., & Osborne, M. A. (2013). The Future of Employment: How Susceptible Are Jobs to Computerisation? Document de travail. Oxford Martin School, Université d'Oxford.
  3. Autor, D. H. (2015). Why Are There Still So Many Jobs? The History and Future of Workplace Automation. Journal of Economic Perspectives, 29(3), 3–30.
  4. OCDE (2023). Perspectives de l'emploi de l'OCDE 2023 : Intelligence artificielle et marché du travail. Paris : Éditions OCDE. oecd.org

Ce contenu est à caractère éducatif et ne constitue pas un conseil professionnel. Les projections sur le marché du travail sont des estimations fondées sur des données, pas des garanties.

Découvre quels types de tâches te correspondent le mieux

15 minutes, sans inscription. Tu obtiendras un profil d'intérêts et les métiers où ces tâches sont les plus présentes.

Faire le test gratuitement →